Réformer le DPE pour adapter le parc de logements au changement climatique

Réformer le DPE pour adapter le parc de logements au changement climatique
Philippe Ansel et Bertrand Moine, Fondation Concorde, septembre 2026

La France compte quatre à cinq fois plus de « bouilloires thermiques » que de passoires énergétiques : près d’un logement sur deux (48,2 %) est inadapté aux fortes chaleurs, contre un sur dix (9,9 %) classé F ou G. Ce déséquilibre vient d’une politique du logement restée fidèle à un « ADN hiver » : isoler et étanchéifier pour garder la chaleur, sans penser à l’évacuer. Or les canicules tuent désormais chaque été, avec plus de 5 700 décès attribuables à la chaleur en 2025. Les auteurs proposent de passer du « confort d’été » à l’« habitabilité d’été », à travers cinq réformes. La première consiste à abaisser le seuil d’inconfort de 1 250 à 600 degrés-heures et à limiter la température nocturne à 25 °C. La deuxième crée deux étiquettes principales, l’une pour l’atténuation (gaz à effet de serre), l’autre pour l’adaptation, en conservant l’étiquette énergie. La troisième remplace l’actuelle étiquette confort d’été par un barème à points, qui valorise ensemble la protection solaire, l’évacuation de la chaleur, l’inertie et le rafraîchissement. La quatrième instaure un moratoire sur les interdictions de louer pour le bâti d’avant 1950, que la méthode actuelle du DPE pénalise à tort. La cinquième privilégie l’échelle collective : le DPE d’immeuble, les réseaux de froid et d’eau tempérée. L’objectif est que nos logements deviennent des refuges face à la chaleur, et non des pièges.