Décrochage économique : ce qui nous attend si rien n’est fait
Tribunes

L’explosion de la dette publique française qui atteint 97% de notre PIB, le déficit de la balance commerciale (47 milliards d’euros pour l’année 2015), la faible compétitivité de la France… ces indicateurs en disent long sur la situation critique de notre économie. En effet, précipité par de mauvaises décisions politiques, en particulier depuis ces dix dernières années, le décrochage économique de la France ne cesse de prendre de l’ampleur.

 

            La pression fiscale qui pèse sur les entreprises, la taxation du capital toujours plus élevée et les 35h fragilisent la capacité des acteurs économiques à produire et à investir. En effet, notre production n’a augmenté que de trois points au cours des deux dernières décennies, tandis que celle de l’Allemagne a augmenté de plus de 40 points. La conséquence, nos exportations ont chuté d’environ 1,5% du PIB et les parts de marché de la France dans les exportations mondiales ont baissé de 3%.

La France est un pays extrêmement fertile: on y plante des fonctionnaires et il y pousse des impôts

            A cela s’ajoute, notre appétence pour les dépenses publiques, addiction qui ne cesse de croître. Notre pays assume 13% de la dépense sociale mondiale. A titre d’exemple, nous avons compensé la suppression de 2,5 millions d’emplois industriels par la création de 2 millions de postes de fonctionnaires durant les 30 dernières années ce qui a non seulement conduit à faire exploser les dépenses mais aussi à augmenter les taux d’imposition. Comme disait Clémenceau, « la France est un pays extrêmement fertile : on y plante des fonctionnaires et il y pousse des impôts ».

            Ainsi, en dépensant plus qu’il ne produit, notre pays se trouve dans une situation précaire et fragile : nous finançons nos déficits extérieurs par des emprunts externes de plus en plus élevés. Dans cette situation, nous sommes dans l’obligation de parier sur un maintien des taux d’intérêt bas sur notre dette.

            Or, la remontée des taux d'intérêt est, en particulier depuis l’élection de Donald Trump, entrain de changer la donne. Notons qu’en quatre mois, ces taux sont passés de 0.1 à 0.8%. Aussi,  alors que le gouvernement français a bâti son budget 2017 sur une hypothèse d'un baril à 45 dollars, il valait déjà 52 dollars jeudi dernier, l'accord trouvé entre les pays de l'Opep de limiter leur production ayant amorcé une nouvelle hausse des prix du pétrole.

            Sans changement majeur de notre politique d’endettement public, la dette française et sa charge nous mèneront droit à la faillite.  En effet, la trajectoire actuelle de la France nous conduira à une dette à 130% du PIB en 2030. 

La France doit combiner une politique de désendettement et de croissance pour éviter l'insolvabilité. 

            Par ailleurs, même avec une conjoncture économique « extrêmement favorable » c’est-à-dire : Une croissance à 3%, des taux d’intérêt sur la dette française inférieurs à 1% et un déficit public nul, la France n’arriverait qu’à une dette de 70% du PIB, soit 10% en plus de ce qui est fixé par les critères de Maastricht. La France doit donc impérativement combiner à la fois une politique de désendettement et de croissance de long terme pour éviter l'insolvabilité.

            « L’avenir ne se prévoit pas, il se prépare», la France a donc des choix décisifs devant elle. La réinvention de son modèle socioéconomique est l'une des seules alternatives qui lui permettra enfin de retrouver le chemin de la croissance car, nous ne pouvons pas aujourd’hui laisser aux générations à venir un héritage qui soit un fardeau. Nous devons donc agir en conséquence.

            Pour ce faire, des mesures indispensables doivent être mises en œuvre lors du prochain quinquennat : 

  1. Réduire les dépenses publiques pour ramener nos comptes à l’équilibre et relancer l’économie
  2. Donner la priorité au secteur productif
  3. Rechercher la convergence européenne pour la fiscalité du capital
  4. Réorienter les politiques d’allègement des charges sociales
  5. Regrouper les aides sociales en une prestation unique
  6. Opérer un choc de simplification, de flexibilité et d’activité