Apéro Concorde #3 – Vote des jeunes : analyses et perspectives pour 2017
After Work

Ce mercredi 22 juin, dans le cadre de la troisième édition des Apéro Concorde, nous recevions Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'IFOP, autour du thème “Vote des jeunes : analyses et perspectives pour 2017".

 

Après avoir discuté entrepreneuriat avec Benjamin Gaignaut  puis, de démocratie participative avec Julie de Pimodan, la Fondation Concorde et son réseau jeunesse ont voulu débattre du vote des jeunes, et de leur comportement électoral en vue de l'élection présidentielle de 2017 avec Frédéric Dabi.

 

(Les différentes statistiques utilisées sont en grande partie issues d'un sondage réalisé en mai 2016 par l'IFOP pour l'ANACEJ, disponible en ligne)

 

Les jeunes et la politique, entre mythe et réalité. Le premier parti de la jeunesse de France est-il le Front National? L'abstention? Ou le désintérêt? Des clichés et préconçus qui fleurissent ici et là et qu'il convient de déconstruire.

 

Le constat est fort : les jeunes sont en rupture avec la “magie" et le caractère sacré des élections, au centre de la démocratie.  En effet, 52% des jeunes pensent ne pas aller voter à l'élection présidentielle de 2017. Ce taux très élevé, est particulièrement inquiétant. Cette abstention s'explique par une raison principale : la volonté de manifester un mécontentement à l'égard des partis politiques, pour 34% des abstentionnistes. La deuxième raison mentionnée est l'absence d'une offre politique correspondant à leurs attentes.

 

Aujourd'hui, un des candidats pouvant attirer le plus les jeunes aux urnes est Emmanuel Macron, à l'instar d'Arnaud Montebourg en 2011. Cela dénote de l'appétence des jeunes à transgresser les lignes partisanes.

 

Une autre dynamique est également observable en termes de comportement électoral. Le vote des jeunes avait auparavant un caractère singulier, se détachant de celui du reste de la population. Par exemple, Georges Marchais était le candidat le plus plébiscité chez les jeunes à l'élection présidentielle de 1981, alors qu'il n'a réalisé à ce moment qu'un score moyen auprès de l'ensemble de la population (15,4%). Le vote des jeunes a perdu depuis 2007 ce caractère singulier, et se normalise en se rapprochant de celui de l'ensemble des votants : c'est ce qu'il appelle le phénomène « d'homogénéisation électoral ».

 

Les sondages actuels, montrent une déception profonde à la suite du quinquennat de François Hollande. Celui-ci avait placé sa campagne sous le signe de la jeunesse comme priorité, ce qui avait créé un engouement et des attentes d'autant plus importantes de la part de cette tranche de la population. Aujourd'hui, 81% des jeunes jugent que François Hollande n'a pas respecté les engagements qu'il devait tenir. Cette déception a engendré une forte progression de l'abstention de la jeunesse aux élections depuis 2012, atteignant jusque 65% pour les régionales de 2015.

 

Quant au vote Front National, Frédéric Dabi a souhaité rappeler qu'au vu des chiffres, il ne s'agit pas d'un vote d'adhésion, mais bien d'un vote de contestation envers le système des partis de gouvernement. Il s'agit, à l'instar du vote pour le Front de Gauche, d'un vote de révolte, à contrario du vote pour le PS ou les Républicains qui constitue lui un vote de résignation. Attention tout de même, car la “dédiabolisation" du FN a fait augmenter le nombre de ses sympathisants, parmi lesquels on retrouve beaucoup de jeunes.

 

Cette rencontre a été l'occasion de débattre autour de l'influence supposée des sondages. Cette influence est souvent dénoncée, les publications d'un sondage donné auraient un effet performatif. Fréderic Dabi s'est défendu de cette manipulation. Les sondages ne représentent qu'une réponse à une question donnée à un instant T, et ne sont pas plus influents que toute autre chose : articles de presse, conférences, discussions autour de la politique …

 

Pour terminer cette rencontre, les jeunes présents ont interrogé Frédéric Dabi sur les solutions pour repolitiser la jeunesse. Pour lui, il n'y a pas de solution miracle, mais s'il en existe une, elle passera forcément par une amélioration du contexte socio-économique de la France, et par une fiabilité de la parole politique. Les jeunes connaissent aujourd'hui une précarité sans précédent qui fait malheureusement passer l'expression de leurs droits civiques au second plan. Leur offrir de meilleures perspectives, et un avenir plus certain est un impératif pour ré-enchanter une jeunesse désabusée. La Fondation Concorde présentera prochainement ses solutions pour y parvenir. 

 

 

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