Bâtissons l’enseignement supérieur du XXIème siècle
Education et Jeunesse

Juin 2017 : l'Enseignement supérieur semble toucher le fond. Malgré la qualité des enseignements et le courage des enseignants, tout ce que l'on retient ce sont les 90.000 jeunes qui sont encore sans affectation pour la rentrée prochaine. 

Les mesures phares que sont le tirage au sort et le contingentement des filières témoignent de la gestion à la petite semaine du précédent gouvernement. Nos universités méritent mieux. Face à une situation de massification des effectifs (+108% d'effectifs depuis 1980) et une désertification des filières professionnelles (-17% sur la même période) il est urgent de réformer l'Enseignement supérieur français, qui constitue encore aujourd'hui un avantage comparatif important pour notre pays, sans sortir les vieilles recettes à savoir la mise en place d'une sélection à l'entrée, ou l'augmentation des frais d'inscription. 

Le gouvernement a annoncé une réforme du premier cycle visant à supprimer APB et mettre en place des prérequis. Cette volonté réformatrice va dans le bon sens mais doit aller plus loin et s’étendre à tous les pans de l'Enseignement supérieur francais.

La Fondation Concorde a ainsi réuni pendant huit mois une vingtaine d'experts universitaires issus de tous les horizons, dans le but de proposer une réforme en profondeur de notre ESR.

 

Articulé autour de 28 propositions, notre projet se veut ambitieux mais réaliste :  transformer l'accès au premier cycle en passant d'une logique de filière à une logique de parcours à la carte; doter l'université de nouveaux moyens financiers notamment grâce à la formation professionnelle; et proposer une gestion décentralisée de l'enseignement supérieur, afin que chaque établissement soit le plus à même de construire un projet pédagogique en cohérence avec son territoire.

L'avenir de l'Enseignement supérieur français ne passe pas par son démantèlement mais bien par son optimisation pour tendre vers plus d'efficacité et plus de réussite à la fois pour les étudiants et pour les établissements.

 

Liste des propositions : 

1/ Instaurer des quotas à l’entrée des BTS et IUT.

2/ Instaurer une spécialisation progressive dès la première année.

3/ Instaurer une logique d’enseignements majeurs / mineurs.

4/ Communiquer sur les taux d’insertion professionnelle des filières.

5/ Ouvrir l’enseignement professionnel dès l’âge de 12 ans.

6/ Ouvrir l’apprentissage dès 14 ans.

7/ Approfondir le dispositif d’accès à l’apprentissage expérimenté par la région Ile-de-France.

8/ Régionaliser une partie des apprentissages effectués au sein des formations professionnelles.

9/ En effectuant une remise à plat totale du système de répartition des dotations aux établissements.

10/ Faire des universités l’acteur majeur de la formation professionnelle.

11/ Développer les Junior entreprises au sein des universités.

12/ Coupler la recherche fondamentale et la recherche appliquée.

13/ Développer les Fondations.

14/ Flécher le budget orientation du MEN vers le budget du MESRI.

15/ Entamer une réflexion sur la mise en place de PARC à la française pour développer un financement plus équitable de l’enseignement supérieur

16/ Former les enseignants aux TIC.

17/ Généraliser l’équipement informatique des Universités.

18/ Privilégier une pédagogie horizontale, interactive et dynamique.

19/ Changer les situations de travail et d’évaluation. 

20/ Inscrire toutes ces nouvelles compétences des étudiants dans des fiches RNCP.

21/ Profiter du numérique pour rénover la gestion des effectifs.

22/ Repenser la carte nationale des établissements d’enseignements supérieurs.

23/ Développer les conseils de perfectionnement locaux, en leur donnant un réel rôle décisionnaire.

24/ Inciter à l’innovation dans la carrière des enseignants chercheurs.

25/ Supprimer la qualification pour permettre le recrutement local des universités.

26/ Transformer le CNU pour laisser une totale liberté pédagogique aux établissements et aux chercheurs.

27/ Réorganiser les EPSCP pour faire face aux accréditations et à l’évaluation.

28/ Permettre aux établissements de se saisir de la démarche qualité.