Fin du travail : la prophétie auto-réalisatrice de Benoît Hamon
Entreprises

Après avoir analysé les programmes économiques de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen, les économistes de la Fondation Concorde se sont penchés sur celui de Benoît Hamon. Le candidat du PS porte une idée forte mais erronnée, celle de la fin du travail. De ce constat biaisé découle de nombreuses propositions qui semblent vouloir l'enrayer, mais qui vont au contraire l'accélérer. 

 

 

La taxe sur les robots éloignera définitivement tout espoir de refaire de la France un grand pays industriel. Les pays de l'OCDE possédant le plus fort taux de robotisation sont aussi ceux avec le taux de chômage le plus bas! Il faudrait au contraire encourager la robotisation.

 

 

La baisse du temps du travail au début des années 2000 a initié le début du décrochage économique de notre pays, dont on paie cher aujourd'hui encore les conséquences. Le passage aux 32 heures ferait exploser notre coût du travail de 33% et grimper notre taux de chômage à 12,2%, achevant ainsi de déclasser la France.

 

 

La mise en place d'un statut du travailleur unique risque de freiner les volontés d'entrepreneuriat dans notre pays. Aujourd'hui la France compte 2,9 millions de travailleurs indépendants qui jouissent d'une plus grande liberté dans leur travail que les salariés, qui émargent en moyenne à 3260€, contre 2225€ pour les salariés "classiques". Un statut unique ferait perdre tous les avantages du statut d'indépendant. 

 

Le revenu universel, dans sa nouvelle version, à savoir la revalorisation du RSA de 10% et son extension aux jeunes de 18-25 ans coûterait 45 milliards d'euros dès 2018. La version à terme du revenu universel, à savoir un versement de 750€ à tous les adultes, coûterait 473 milliards € par an.

 

 

Sur le volet européen, Benoît Hamon a des propositions séduisantes mais dangereuses.

La mutualisation des dettes européennes présente un aléa moral institutionnel très fort, en levant toutes les incitations visant à contrôler les dépenses publiques des Etats. 

 

Quant à la volonté de réaliser un plan d'investissement à hauteur de 1.000 milliards, sur le format du plan Juncker, Benoît Hamon semble oublier que la réussite de ce dernier est le fait d'investisseurs privés, qui se retrouveraient 

 

Benoît Hamon a raison, le travail va disparaître. Mais selon notre étude, ce ne sera pas à cause d'une mutation technologique, mais bien le fait de son programme économique, qui va étrangler les investisseurs, faire chuter notre compétitivité et notre production.