La prospérité est-elle à notre portée ?
Petits déjeuners

Ce mercredi 23 juin, la Fondation Concorde avait le plaisir de recevoir Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président délégué du MEDEF et président de la société Oliviers & Co, autour du thème “La prospérité économique est-elle à notre portée ?"

 

Notre invité a tout d'abord souhaité faire l'état des lieux de la situation actuelle de notre pays. Selon lui, “Le PIB français par habitant stagne depuis 10 ans, nous ne sommes plus dans une période de prospérité croissante". Cependant, la théorie de la stagnation séculaire est à écarter. Aux vues de la révolution numérique et de ses innovations, nos sociétés ne sont pas condamnées à l'absence de croissance.

 

Le problème de la stagnation actuelle de la France peut essentiellement être vu comme managérial. En effet, les politiques du changement, et de l'adaptation ne sont pas inculquées auprès des entreprises, ni du secteur public. Un exemple de politique du changement réussie a été celle de Philippe Wahl, à la direction du groupe la Poste. En montrant la nécessité de se renouveler en profondeur face au déclin du courrier, il a mis tous les salariés et les syndicats face à la réalité. C'est une transformation silencieuse, mais qui porte ses fruits.

 

Cette transformation managériale ne s'est pas faite dans l'ensemble de la fonction publique. Le taux d'absentéisme des fonctionnaires est particulièrement élevé. Dans la fonction publique territoriale, 44% des agents ont été absents au moins une fois durant l'année écoulée. M. Roux de Bézieux ironise sur la situation : “La titularisation dans la fonction publique rend malade".

La France est un jockey obèse sur un cheval maigre

Le vice-président du MEDEF a également déploré le fait que la France soit aujourd'hui “un jockey obèse sur un cheval maigre". Le jockey obèse représentant ici les chômeurs, les inactifs et les fonctionnaires qui sont en augmentation constante, alors que le nombre d'actifs et de créateurs de richesse – le cheval maigre – diminue de plus en plus. Nous sommes donc, en face d'un “État trop gourmand, d'un secteur public trop grand" qui pèse sur la création de richesses et sur les entreprises. Néanmoins, il faut reconnaître que l'Etat cherche aujourd'hui à donner un cadre favorable à l'innovation et à la compétitivité, par le biais notamment du CICE. C'est maintenant de la responsabilité des entreprises de transformer l'essai.

 

Un autre problème soulevé par notre invité concerne la souveraineté numérique et la production en France et en Europe. En prenant l'exemple de l'IPhone, il démontre que la France ne crée plus de valeur ajoutée sur son territoire. Pour un appareil vendu 600€, 300€ sont dédiés à la rémunération de l'innovation développée par les ingénieurs de la Silicon Valley. Or, la France est un des pays où les IPhones se vendent le plus au monde, et pourtant nous n'avons ici qu'un rôle de “plateforme de redistribution  sans création de valeur ajoutée, ce qui ne crée donc pas de croissance en France". La raison et le mal tiennent au fait que nous ne sommes ni acteurs de l'innovation, ni producteurs de valeur ajoutée.


Cette mutation économique basée sur le numérique devra être comprise à la fois par les entreprises, mais surtout par les hommes politiques. Les décideurs publics ne peuvent plus “proposer des politiques industrielles d'il y a 30 ans". Il est essentiel pour un homme politique en campagne, notamment dans le cadre des élections présidentielles à venir, de comprendre les mutations du monde et du secteur économique et d'expliquer, in fine, ce changement de paradigme, pour montrer la direction souhaitée à l'avenir pour redresser notre pays.

 

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